EDF, GDF, France Télécom : des transformations profondes, effectuées sans heurts majeurs
[ 07/07/08 ]
Préparé de longue date, pour l'opérateur de télécommunications public, ou mené au pas de charge pour ceux du gaz et de l'électricité, le changement de statut est entré dans les moeurs.
Entre la création de France Télécom et sa privatisation, seize années se sont écoulées. Le processus a donc été long, mais ce fut, pour les gouvernements successifs, le prix à payer pour que la transformation se fasse sans heurts majeurs, sans mouvements sociaux importants. Ainsi, c'est en 1988 que l'opérateur est fondé, remplaçant l'ancienne Direction générale des télécommunications (DGT). Trois ans plus tard, France Télécom obtient son autonomie de gestion. Et, en 1996, l'opérateur voit son statut transformé en société anonyme afin de préparer l'ouverture à la concurrence des télécommunications et une introduction en Bourse. Celle-ci aura lieu, en grandes pompes à Paris, dès octobre 1997. Mais il faudra attendre septembre 2004 - et la fin des déboires liés aux 100 milliards d'euros d'acquisitions de l'année 2000 - pour que l'Etat baisse sa participation au capital en dessous de la barre des 50 %. Au prix de l'inscription dans la loi du statut des fonctionnaires de France Télécom, afin d'apaiser les inquiétudes des salariés. Aujourd'hui, l'Etat ne détient plus que 27,4 % du capital de France Télécom, et près de 70 % des salariés bénéficient toujours du statut de fonctionnaire.
En comparaison, les transformations vécues par EDF et Gaz de France apparaissent plus brutales. En l'espace de cinq ans, les deux entreprises et leurs salariés auront eu à absorber la libéralisation de leurs marchés, un changement de statut, la réforme de leur régime de retraite, l'ouverture de leur capital et même, pour GDF, une privatisation préfigurant son rapprochement avec Suez. Cette profonde mutation, l'électricien et le gazier l'ont finalement assez bien digérée.
Tabou levé
En 2004, lorsque Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre, lève le tabou du changement de statut, l'annonce suscite un tollé parmi les syndicats électriciens-gaziers. Pendant des mois, les cortèges d'agents EDF et GDF se succèdent dans les rues des grandes villes françaises. Mais jamais l'opposition syndicale ne tourne réellement à l'affrontement. Dès l'été, les parlementaires adoptent la loi officialisant la transformation des deux établissements publics en sociétés anonymes, chose faite en novembre de la même année. Dès lors, les choses s'accélèrent. En juillet 2005, Gaz de France fait son entrée en Bourse. Trois mois plus tard, le gouvernement Villepin annonce l'ouverture du capital d'EDF. L'électricien tricolore fait ses premiers pas boursiers le 21 novembre 2005. Un an tout juste après avoir changé de statut.
