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Vendredi 07 Novembre 2008

"Thèmes: Santé & conditions de travail, Emplois & compétences

© Franco Tinè - Fotolia.com

Les 6 et 7 novembre, l’Observatoire intersyndical du stress et des mobilités forcés de France Télécom-Orange organise à Paris la deuxième édition de ses assises qui s’adressent en priorité aux représentants des 400 CHSCT en place du groupe. Un observatoire alternatif qui entend jouer les coordinateurs et les facilitateurs auprès des CHSCT locaux alors que le CNSHSCT, le super CHSCT national et officiel, ne peut même pas rendre d’avis.

Ressources

Sources

o    Observatoire du stress et des mobilités forcées

Fichiers

o    Rapport d'ACT Consultants

Aucun médecin du travail de France Télécom-Orange n’est à l’affiche du programme des 2èmes assises de l’Observavoire du stress et des mobilités forcés (6-7 novembre à Paris). Ce sont des médecins du travail externes qui vont intervenir auprès d’une assemblée constituée en grande partie de représentants des 400 CHSCT du groupe. Lors de la première édition, la direction avait interdit à ses médecins d’intervenir par soucis de « neutralité ». « Sauf que les médecins du travail ont un devoir de formation et d’informations », avance Pierre Gojat, l’un des coordinateurs de cet Observatoire alternatif mis en place par la CFE-CGC, SUD-PTT puis l’Unsa au sein du groupe.

Les élus des CHSCT comme coeur de cible

« Nous sommes un auxiliaire des CHSCT. Notre statut associatif nous autorise beaucoup de latitude » - Pierre Morville, CFE-CGC Les CHSCT sont bien la cible prioritaire de cet observatoire qui entend jouer les coordinateurs et les animateurs auprès d’élus pas forcément préparés à appréhender les multiples facettes de la question du stress. Un questionnaire spécial CHSCT va ainsi être lancé à l’occasion de ces assises afin de mieux cerner les besoins et les situations locales.

L’Observatoire diffuse déjà des fiches pratiques : comment déclencher une expertise sur les risques psychosociaux ? comment faire classer une dépression comme accident du travail ? Comment communiquer en cas de suicide ?

« Nous sommes un auxiliaire des CHSCT. Notre statut associatif nous autorise beaucoup de latitude », explique Pierre Morville, également à l’initiative de cet Observatoire atypique et délégué syndical central CFE-CGC. C’est ainsi que qu’un premier questionnaire en ligne sur le stress a été proposé en 2007 aux salariés. Les 3 200 réponses ont été dépouillées et analysées par le cabinet Isast (Intervention Sociale & Alternatives en Santé au Travail). De la matière en retour pour les élus des CHSCT. En mars 2008, une deuxième enquête a été conduite avec cette fois seulement 1 500 réponses à la clé. Il faut dire que la direction n’autorise plus l’accès au site de l’Observatoire depuis l’intranet...

Un Observatoire qui entend se substituer d’une certaine façon au CNSHSCT, le super CHSCT officiel fédérant les 400 CHSCT locaux. Sauf que « le CNSHSCT n’est pas un véritable CHSCT au sens du Code du travail. Il n’y a pas d’obligation d’information et de consultation pour l’employeur, pas de demande d’avis, pas de décisions soumises au vote, pas de possibilité de recourir à un expert », souligne SUD PTT. Tout se passe donc au niveau local. Et la direction ne se prive pas de contester les demandes d’expertises. Le 11 septembre dernier, le TGI de Bordeaux a considéré que la demande d’expertise sur la souffrance au travail voté à l’unanimité par le CHSCT local était justifiée.

Porte ouverte aux autres syndicats

Les autres syndicats ne se sont toujours pas décidé à rejoindre l’Observatoire par crainte notamment que les initiateurs de la première heure en récoltent les fruits. Surtout avant les élections prud’homales et les élections professionnelles du 22 janvier 2009. La porte reste grande ouverte. « Nous sommes même prêts à modifier les statuts de l’association », affirme Pierre Morville. Le budget annuel de l'observatoire est aujourd'hui de 50.000 Euros alimenté par les trois syndicats. Les CE au travers de leurs budgets formation mais aussi des partenaires externes vont être financièrement sollicités pour accompagner la création d'observatoire régionaux et faire vivre un "réseau des élus CHSCT" comme l'explique Patrick Ackermann, le délégué syndical central SUD.

Avec son conseil scientifique, l’Observatoire cherche à dépasser les clivages syndicaux. On retrouve ainsi Danièle Linhart, directrice du laboratoire Travail et mobilité à Paris-10-Nanterre dans ce conseil mais aussi des représentants des différents prestataires qui analysent les conditions du stress et ses conséquences.

Outre le cabinet Isast, ACT consultants s’y trouve également et vient d’ailleurs de rendre un rapport d’analyse de 40 entretiens conduits avec des seniors en situation de mobilité forcée. Un rapport qui souligne à quel point la mobilité est érigée comme « une valeur supérieur de l’entreprise » et qui constate que dans l’ensemble « les objectifs de recomposition de l’emploi ne prennent en considération ni les compétences des agents, ni les opportunités de carrière qui leur sont réellement accessibles ou offertes sur le marché de l’emploi... Il ne suffit pas de créer un dispositif d’accompagnement dans la mobilité pour donner consistance au principe de responsabilité sociale. »

L’ensemble des 300 participants à cette deuxième assise vont se voir en outre remettre un document de travail intitulé « Orange Stressée » compilant sur 200 pages l’expérience acquise par l’Observatoire.

o    De son côté, la direction a mis en place des cellules d’écoute et conduit son baromètre interne qui vise à mesurer avant tout le niveau d’engagement des salariés. Sur les trente questions, une seule porte par exemple sur la reconnaissance. « Un baromètre n’est-il pas censé mesurer la pression ? », s’interroge Pierre Gojat. Globalement, sans surprise, les répondants adhèrent à la stratégie de l’entreprise. Dommage pour ceux qui se retrouvent sur la touche.

Le désert des plus de 55 ans

« La pyramide des âges est vraiment originale puisqu’il n’y a pratiquement plus de salariés de plus de 55 ans mais une grosse masse entre 45 et 55 ans » - Pierre Gojat, CFE-CGC

Depuis sa privatisation en 1996, France Télécom se refuse à annoncer le moindre PSE. Des wagons de salariés sont partis en préretraite à 55 ans. Surtout pas de licenciements collectifs pour l’ex-opérateur public qui emploie encore 70% de fonctionnaires. Et la pression monte depuis fin 2006, date à partir de laquelle le dispositif de préretraite qui coûtait 800 millions d’euros par an ne fait plus partie du programme. La direction propose désormais du temps partiel aménagé pour répondre à la question des fins de carrières et c’est la raison par laquelle la négociation sur la GPEC a été suspendue.

« La pyramide des âges est vraiment originale puisqu’il n’y a pratiquement plus de salariés de plus de 55 ans mais une grosse masse entre 45 et 55 ans », explique Pierre Gojat, 51 ans, ancien directeur commercial grand compte. Avec une carrière internationale, dans le privé, dans l’aérospatiale, voilà un profil qui présente toutes les caractéristiques de l’employabilté.  « Mon poste n’existe plus et je dois me trouver un autre boulot. Je suis au chômage interne sur un marché où il n’y a pas d’offre », précise Pierre Gojat.

Certains ne résistent pas à cette placardisation et quittent l’entreprise qui doit encore au moins supprimer 10.000 postes d'ici à trois ans. D’autres craquent. Un Observatoire qui ne cherche pas à « exploiter » des drames complexes à comprendre mais qui rappelle tout de même qu’il y a eu « neuf suicides depuis le début de l’année. » Ne vaudrait-il finalement pas mieux un PSE en bonne et due forme plutôt que de laisser pourrir des situations ?

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publié par Le blog du syndicat UNSA FRANCE TELECOM dans: Revues de Presse
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