Fonctionnaires : Bercy promet une prime pour compenser l'inflation 2008
L'inflation n'en finit plus de compliquer la tâche d'Eric Woerth, ministre du Budget et de la Fonction publique. Aujourd'hui, la question de la hausse des prix, et surtout de son impact sur le pouvoir d'achat, sera au centre de la deuxième et dernière séance des négociations salariales triennales dans la fonction publique, lancées le 24 juin. C'est tout le paradoxe de cette rencontre : tandis qu'Eric Woerth va présenter les mesures prévues pour garantir le pouvoir d'achat en 2009, 2010 et 2011, les syndicats veulent surtout rouvrir le dossier des négociations 2008.
Pour cause, en février, quand les discussions ont été menées, l'Insee prévoyait 1,6 % d'inflation moyenne ; désormais, elle prévoit 3,2 %. La donne ayant changé, les syndicats exigent que la hausse du point d'indice consentie pour cette année (+ 0,8 %) soit revue en conséquence. En vain : Eric Woerth martèle que « le point d'indice n'a pas vocation à compenser l'inflation » et cherche au contraire à le désacraliser pour mieux développer la rémunération au mérite.
Refonte des grilles indiciaires
Pour calmer la grogne, Bercy va néanmoins promettre, aujourd'hui, de verser une prime de rattrapage l'an prochain. Cela devient une habitude. Début juin, Eric Woerth a instauré une « garantie individuelle de pouvoir d'achat » (Gipa), qui assure aux agents dont le traitement augmenterait moins vite que l'inflation un « complément financier différentiel » venant maintenir leur pouvoir d'achat. Il était initialement prévu que cette Gipa soit versée une première fois cet automne au titre du rattrapage sur la période 2003-2007, puis une nouvelle fois en 2011, au titre de la période 2006-2010.
Pour compenser le pic d'inflation 2008, « le gouvernement fera aussi jouer la Gipa en 2009 », assure Bercy. Concrètement, ce complément sera versé à tous les agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) « ayant subi une perte du pouvoir d'achat de leur traitement indiciaire sur la période du 31 décembre 2004 au 31 décembre 2008 ». En « étalant » ainsi la période de référence, Bercy s'applique à limiter l'addition, les éventuels gains de pouvoir d'achat des années précédentes venant compenser tout ou partie des pertes subies cette année. Pour ces raisons, ce geste ne devrait pas satisfaire les syndicats, déjà prompts à voir dans la Gipa « la mise sous perfusion des fonctionnaires au détriment d'une vraie politique salariale ».
Bercy doit aussi détailler, aujourd'hui, les autres mesures prévues - primes variables, primes transport, intéressement et présenter de premières pistes de refonte des grilles indiciaires des agents de catégorie A et B. Ce vaste chantier, qui sera lancé à la rentrée, est très attendu par les syndicats, qui espèrent des gestes assez importants pour compenser les faibles progressions annoncées du point d'indice dans les années à venir : 0,8 % en 2009, puis 0,5 % en 2010 et 2011.Pour cause, en février, quand les discussions ont été menées, l'Insee prévoyait 1,6 % d'inflation moyenne ; désormais, elle prévoit 3,2 %. La donne ayant changé, les syndicats exigent que la hausse du point d'indice consentie pour cette année (+ 0,8 %) soit revue en conséquence. En vain : Eric Woerth martèle que « le point d'indice n'a pas vocation à compenser l'inflation » et cherche au contraire à le désacraliser pour mieux développer la rémunération au mérite.
Refonte des grilles indiciaires
Pour calmer la grogne, Bercy va néanmoins promettre, aujourd'hui, de verser une prime de rattrapage l'an prochain. Cela devient une habitude. Début juin, Eric Woerth a instauré une « garantie individuelle de pouvoir d'achat » (Gipa), qui assure aux agents dont le traitement augmenterait moins vite que l'inflation un « complément financier différentiel » venant maintenir leur pouvoir d'achat. Il était initialement prévu que cette Gipa soit versée une première fois cet automne au titre du rattrapage sur la période 2003-2007, puis une nouvelle fois en 2011, au titre de la période 2006-2010.
Pour compenser le pic d'inflation 2008, « le gouvernement fera aussi jouer la Gipa en 2009 », assure Bercy. Concrètement, ce complément sera versé à tous les agents des trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) « ayant subi une perte du pouvoir d'achat de leur traitement indiciaire sur la période du 31 décembre 2004 au 31 décembre 2008 ». En « étalant » ainsi la période de référence, Bercy s'applique à limiter l'addition, les éventuels gains de pouvoir d'achat des années précédentes venant compenser tout ou partie des pertes subies cette année. Pour ces raisons, ce geste ne devrait pas satisfaire les syndicats, déjà prompts à voir dans la Gipa « la mise sous perfusion des fonctionnaires au détriment d'une vraie politique salariale ».
Les Echos
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